Le monastère

“Le Cloistre de la Reyne de tous les Saincts”

Grands traits d’un parcours de bientôt quatre cents ans.

La longue histoire du Monastère de Berlaymont, l’une des plus anciennes maisons d’éducation de Bruxelles, est liée à l’histoire de la Ville, à la politique des Pays-Bas espagnols sous les Archiducs Albert et Isabelle et celle de l’Empire Autrichien ensuite, aux vicissitudes de notre histoire nationale et, plus récemment, au quartier de l’Europe.

Des délocalisations successives accompagnent cette traversée semée d’embûches.

Etabli à ses débuts (1625) en plein coeur de Bruxelles, “ville-carrefour où se sont rencontrés et mêlés les grands courants civilisateurs européens”, le Cloistre de la Reyne de tous les Saincts sera impliqué – forcément – dans les profondes secousses politiques, sociales et religieuses des Pays-Bas méridionaux au XVIIe siècle et, bien plus tard, de la Belgique.

Une identité forte a pu se construire avec le concours extérieur de personnalités et de familles de renom, dont celles des premières moniales et des élèves confiées à leurs soins. Grâce tout particulièrement à l’appui éclairé du père Charles Scribani s.j. dans la rédaction de ses Constitutions, le monastère échappe à la sensibilité et à l’influence du jansénisme qui, au XVIIe siècle, concerne essentiellement une élite.

Nom et Origine

“Berlaymont” doit son nom et son origine à sa fondatrice, la Comtesse Marguerite de Lalaing. Elle est née en 1574. En 1593 elle épouse, à l’âge de dix-neuf ans, le Comte Florent de Berlaymont, gouverneur de Namur, qui lui, en compte quarante-sept.

Après leur arrivée à Bruxelles le 5 septembre 1599, les Archiducs Albert et Isabelle réorganisent l’administration. Florent de Berlaymont devient gouverneur général de l’Artois. En juin 1604 le Comte est nommé Gouverneur et Capitaine- général du Luxembourg et du comté de Chiny .

Hierges

 

En mai 1609, suite à une querelle de préséance, le Comte est momentanément disgracié et est confiné sous la contrainte dans son château de Hierges près de Givet, bientôt rejoint par son épouse. Le formidable orgueil de la Comtesse vient de recevoir un coup de massue.

Le séjour à Hierges a permis à la Comtesse de réfléchir, d’approfondir sa spiritualité, de rallier son époux à son dessein.

J’avais comme cet instinct de bâtir une maison à Dieu“, répétera-t-elle. Une façon aussi, peut-être, pour la future fondatrice, de racheter les écarts, faux-pas, vanités jalonnant son parcours personnel.

“Navrée et toute marrye de voir l’éducation des jeunes damoyselles en sy fascheux estat”, Madame de Berlaymont veut que les religieuses élèvent les jeunes filles pour en faire “de vrayes chrestiennes”.

Je n’ai jamais eu la pensée d’établir la noblesse en mon cloitre, je n’ai prétendu que d’avoir des filles dévotes”.

Le projet prend corps

Octobre 1609 met fin à l’exil. Le Comte de Berlaymont retrouve le gouvernement du Luxembourg et la Comtesse est transformée! Le moment est venu de faire connaître son projet. Le père Scribani sera son guide pendant la longue période de maturation.

Père Scribani s.j.

Il s’agit aussi de solliciter toutes les autorisations requises et de regrouper des “damoyselles”. Le Comte et la Comtesse décident d’établir le monastère dans l’hôtel que le Comte Florent avait acquis en 1587 de la famille t’Serclaes, situé dans l’impasse nommée “het eten-gat”. Cette impasse débouche sur la rue d’Assaut à l’extrémité de la rue de la Montagne, A deux pas de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Ils ne s’en réservent qu’une petite partie, dont l’appartement qu’occupera la Comtesse après le décès de son mari en 1626.

Mais pour “bâtir une maison à Dieu”, il lui fallait une pierre fondamentale.

Le 10 août 1623, Madame de Berlaymont rencontre au sanctuaire de la Vierge de Montaigu celle qui lui avait été décrite comme parfaitement propre et capable d’endosser cette immense responsabilité: Mademoiselle Marie de Duras.


Elle a trente-six ans. Fille de Jérôme d’Oyenbrugge, comte de Duras et de la Comtesse Yolande de Bourgogne, Marie réside au pays de Liège, principauté relevant de l’Empire.

Marie, perplexe devant une proposition aussi inattendue, résiste et demande réflexion. Son père, quant à lui, veuf depuis de longues années, oppose au dessein un refus radical. Sans se décourager, Mme de Berlaymont projette une nouvelle rencontre au domicile de l’évêque de Namur, Mgr. Dauvin.  Acquise au projet, Marie maintient toutefois comme condition absolue, l’accord de son père. Tous deux tombent malades, les mois passent. Marie s’efforce d’amener progressivement son père à consentir à son départ. L’entourage familial de Marie intervient: parents et neveux prendront soin du vieux comte.

L’avant-projet des Constitutions – Règlements de la nouvelle maison – d’abord étudiée par une commission présidée par Mgr. Dauvin est ensuite soumis pour un examen approfondi à une seconde assemblée composée du nonce apostolique Guidi di Bagno, de Mgr. Jacques Boonen, quatrième archevêque de Malines, de dom Bernard de Montgaillard, abbé d’Orval, des pères jésuites Charles Scribani et Henri Némius, son assistant à Berlaymont.

Les religieuses du nouveau Monastère seront  “Chanoinesses régulières de Saint Augustin sous l’invocation de la Vierge Marie, Reyne de tous les Saincts”.

Les moniales seront tout à la fois des contemplatives et des éducatrices.

Ora et labora.

Elles auront pour devise: “Vive Jésus!”.

La supérieure élue porte le nom de Prévôte.

Etapes en vue de l’érection officielle

08 novembre 1624

Requête adressée à l’Infante par les Berlaymont pour établir le cloître dans l’enceinte de leur hôtel.

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24 novembre 1624

Signature des lettres d’octroi et d’autorisation pour l’érection du cloître par l’Archiduchesse Isabelle.

18 mai 1625

Prise d’habit des postulantes et entrée en clôture des “huict premières” novices.

Ce mardi de Pentecôte est aujourd’hui considéré comme le jour de la fondation du monastère.

10 août 1626

Urbain VIII signe la Bulle d’Approbation des Constitutions.

27 avril 1627

Publication officielle de l’Approbation par le Nonce Apostolique.

25 mai 1627

Fondation officielle du Cloistre à l’occasion des premières vêtures des novices. La cérémonie est présidée par Mgr. Boonen en la présence prestigieuse et active de l’Archiduchesse Isabelle.

13 juin 1628

Profession solennelle des novices. Remise de clef du cloître par l’Archiduchesse et par l’Archevêque à Mme de Duras recevant la qualité de Prévôte.

Entretemps, l’hôtel des Comtes de Berlaymont a été transformé pour accueillir le monastère. Un “quartier des enfans” destiné aux “escollières” y a été aménagé.

Le 18 mai 1648, le même jour que son entrée en religion vingt-trois années auparavant, Mme de Duras rend son âme à son Créateur. Mme de Berlaymont décède  le 21 février 1650.

C’est grâce au manuscrit écrit après le décès de Marie de Duras par Cécile Malaise, que nous sont parvenus maints détails de la première période du monastère de Berlaymont.

 

Berlaymont vit désormais sa vie propre de cloître à vocation éducative.

Les siècles de dominations diverses, espagnoles, autrichiennes, françaises, hollandaises ne l’ont pas abattu; toujours, il a cherché refuge et force dans sa fidélité à ses constitutions, sa foi en Dieu et l’Eglise.

Le siècle de malheur

Avec la mort des Archiducs, Albert en 1621 et Isabelle ensuite en décembre 1633, commence une longue période de guerres liée à la difficile Succession d’Espagne. Celle-ci s’achève par la signature du traité d’Utrecht en 1713 par lequel nous passons sous régime autrichien.

Notre pays est devenu le champ de bataille  des nations. En août 1695, les troupes françaises du maréchal de Villeroi assiègent et bombardent Bruxelles. Berlaymont, situé dans le rayon du canon ennemi, échappe, comme par miracle, aux incendies et à la destruction.

Le monastère a un peu moins de chance en février 1746.  L’empire de Marie-Thérèse d’Autriche est convoité de toutes parts. Louis XV porte la guerre dans les Pays-Bas autrichiens. L’armée française, sous les ordres du maréchal de Saxe, bombarde la ville. Une bombe éclate au milieu du jardin du monastère en causant un vif émoi. Les religieuses sont forcées de quitter leur clôture, mais elles ne tardent pas à rentrer avec leurs élèves après la capitulation. Elles ont la joie de retrouver leur monastère épargné au milieu des ruines fumantes.

Succède alors une période de relative sérénité sous  la gouvernance du duc Charles-Alexandre de Lorraine, beau-frère de l’Impératrice.

La Révolution Française

Mais la période la plus sombre de l’histoire du monastère approche à grand pas. Sous l’influence de la “philosophie des Lumières”, les édits de Marie-Thérèse d’Autriche (1771-72) et ensuite la rage réformatrice de son fils et successeur, Joseph II, entament fortement l’autonomie de l’ Église. Ce dernier supprime quantité de couvents, surtout ceux d’ordres contemplatifs jugés inutiles. Le monastère de Berlaymont échappe à cette issue funeste grâce, sans doute, à sa vocation éducative. Il subit néanmoins une foule de mesures tracassières.

L’Europe est bouleversée par la Révolution. Le 6 novembre 1792, après la bataille de Jemappes, nos provinces passent sous domination française. En 1794, la Terreur atteint son apogée. Le 25 juin, le Cardinal de Franckenberg ordonne à la communauté, pour sa sécurité, d’émigrer le jour même. Les religieuses retrouvent leur cher monastère le 1er octobre 1795 après un périple qui les mena en Allemagne près de Düsseldorf via la Hollande pour revenir quelques mois plus tard par Aix-la-Chapelle et Maestricht.

Pendant plus de deux ans et demi, les religieuses s’accrochent et essayent de sauvegarder leurs droits, mais en vain. Le 31 mai 1798, la communauté dit adieu à son monastère devenu “bien national”. En juin il est mis en vente publique par lots  et les bâtiments sont démantelés pour récupérer les matériaux.

La citoyenne Marnier

Pendant cette période troublée, les religieuses ayant du abandonner l’habit, habitent trois par trois dans des quartiers séparés. Le pensionnat, réduit à quelques élèves, subsiste. Il est logé dans la “Maison de la Folie” rue aux Laines, près du Sablon.

La Restauration

Le Pape Pie VII, récemment élu, et le Premier Consul Bonaparte signent  un Concordat. Le 8 juin 1802 le culte catholique est rétabli à Bruxelles. En mai 1802, le pensionnat déménage rue des Trois-Têtes, près de la Montagne de la Cour, dans un ancien hôtel du Prince de Gavre. Une chapelle y est aménagée. Les religieuses dispersées parviennent même à se regrouper dans la maison d’à côté. Les élèves deviennent de plus en plus nombreuses.

Vers 1808, un vaste terrain semé de quelques bâtiments disparates près de l’église des Minimes, attenant à l’hôtel des comtes de Merode, sont acquis rue de l’ Étoile (de l’Astre) et rue du Manège. La famille de Merode cède généreusement une partie de son propre jardin. Immédiatement des travaux sont entrepris et le 5 septembre 1808, les religieuses prennent possession de leur nouveau monastère.

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Les français évacuent Bruxelles le 1 février 1814.  Le 10 août, les moniales reprennent l’habit monastique ainsi que l’observance des règles et des constitutions.

Le régime hollandais.

Le Congrès de Vienne remanie la carte de l’Europe et décide de la réunion de la Belgique à la Hollande sous l’autorité de Guillaume d’Orange.  Suit l’intermède des Cent jours et la nouvelle défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815. Les convois de blessés affluent dans la capitale. Le Berlaymont se mue en dispensaire.

Bien vite il apparait que Guillaume d’Orange ne tient pas sa promesse officielle de respecter la religion des Belges. Il s’attaque aux ordres monastiques et à l’instruction chrétienne. En 1821, la Régence de Bruxelles somme les religieuses de Berlaymont de soumettre leurs statuts afin d’en obtenir l’approbation royale. La communauté peut ainsi végéter sous la surveillance et la férule de l’ État. Les vœux perpétuels sont interdits et le nombre des religieuses limité et réduit à vingt.

A partir de 1827 elles devront être diplômées pour pouvoir enseigner. L’enseignement du “hollandais” devient obligatoire.

La même année, les chanoinesses établissent  une école gratuite pour les enfants du peuple. Appelée à ses débuts “la pauvre petite école”, elle s’est développée et est devenue “l’ École de Nazareth”

La révolution éclate le 25 août 1830, à l’issue de la représentation de la “Muette de Portici” au Théâtre de la Monnaie. Le 27 septembre, les Hollandais quittent Bruxelles.

Après 1830.

Dés son installation, le Gouvernement provisoire promulgue  le 16 octobre deux arrêtés. L’un concernant la liberté d’association, l’autre la liberté d’enseignement. L’archevêque de Malines autorise à nouveau les chanoinesses à prononcer des voeux perpétuels et de nouvelles novices rejoignent la communauté.

Berlaymont jouit enfin d’un calme bien mérité après tant d’agitations et apparait aussi prospère qu’il l’avait été au siècle dernier.

A la demande expresse d’anciennes élèves maman, un externat est créé  en 1860 et un orphelinat est fondé.  Mais bientôt un nouvel évènement majeur s’annonce: la troisième translation du monastère.

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Les plans du percement de la rue de la Régence vers le site du futur palais de justice coupent de deux côtés les constructions du cloître et enlèvent la meilleure partie de son jardin. Chercher un asile ailleurs s’impose. Un terrain, alors bordé de champs,  est acquis rue de la Loi. Le déménagement a lieu en juillet et août 1864.

Rue de la Loi.

Pendant un demi siècle, le Berlaymont se consacre à sa mission éducative.

Le 16 mai 1875, lors d’une fête splendide, est célébré le deux cent cinquantième anniversaire de la fondation.

Pentecôte 1900

Lorsqu’en août 1914 éclate la première guerre mondiale, Mme la Prévôte sollicite et obtient l’autorisation du Cardinal Mercier d’ouvrir une “ambulance” dans les grandes salles du pensionnat. De nombreux soldats, tant belges qu’allemands y sont soignés. Le pensionnat reste bien entendu fermé. Il ne rouvrira qu’en octobre 1915 avec une vingtaine d’élèves. Début 1917, sur ordre de l’occupant, c’est au tour de l’externat  et de l’école de Nazareth  de devoir fermer. L’externat continue cependant à fonctionner dans la clandestinité  et l’école de Nazareth rouvre le 11 avril.

Les allemands quittent Bruxelles en novembre 1918. Une messe est célébrée à laquelle assistent la Reine Elisabeth et la Princesse Marie-José.

Cardinal Mercier

Durant les quatre années de guerre, le Cardinal Mercier vint souvent au Berlaymont. Retenu à Rome, il n’est malheureusement pas présent le 2 juin 1925 pour célébrer le tricentenaire de son “cher vieux monastère” comme il se plaisait à l’appeler. Une messe et un Te Deum chantés sont honorés de la présence de S.M. la Reine.

Les années qui suivirent la grande guerre sont marquées par un renouveau et par une série de réalisations dont l’établissement au pensionnat d’humanités anciennes, largement ouvertes aux élèves de l’externat.

La Congrégation Notre Dame

Dés la moitié des années trente, la Prévote Mère Marie de l’Esprit Saint, ressent de plus en plus la nécessité de s’unir à d’autres monastères.

  • Il faut être plus nombreuses pour répondre à l’élan missionnaire qui règne à ce moment.
  • Les exigences de formation requises pour être enseignante ne cessent d’augmenter.
  • Education rythme aussi avec ouverture au monde…


Mais, à qui se joindre ?

  • Les critères sont les suivants :
  1. les monastères qui suivent la Règle de Saint Augustin, privilégiée pour son respect des personnes et son climat de liberté;
  2. une similitude dans les Constitutions;
  3. des monastères qui unissent la prière chorale et l’éducation de la jeunesse;
  4. des monastères où vibre une “même simplicité, une même droiture”, signes d’un futur esprit de famille.

C’est ainsi que le monastère de Berlaymont entre dans la Congrégation de Notre-Dame de Jupille et cesse d’être autonome. La fusion est admise à titre temporaire le 22 mars 1937 à la requête  du Cardinal Van Roey et est définitivement établie le 12 mars 1940.

Durant la seconde guerre mondiale, les religieuses de Berlaymont concilient tâches éducatives, vie contemplative et œuvres sociales dans des conditions parfois difficiles. En septembre 1941, l’école gratuite de la rue Archimède devient l’école paroissiale Sainte Agnès.

En août 1946, un évènement aussi heureux que inattendu a lieu. Lors des démolitions effectuées en vue de la construction des bâtiments de la Banque Nationale, le long du Boulevard de Berlaymont, sont exhumés des ossements et une plaque de cuivre qui avait été apposée sur le cercueil de Marie de Duras. Ceux-ci seront remis à la communauté par les soins de la société de construction.

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A la fin des années cinquante, le Berlaymont doit envisager un nouveau transfert! Un exode vers la périphérie s’avère de plus en plus évident. A la nécessité de devoir aménager et agrandir les constructions devenues vétustes de la rue de la Loi et le fait d’être de plus en plus étouffé par l’urbanisation de la capitale s’ajoute le désir de l’Etat  d’installer sur le site, les Communautés européennes. L’école compte alors environ 300 élèves.

Waterloo, drève d’Argenteuil

Après de longues tractations, le 31 mai 1960, l’ASBL du monastère signe l’acte d’achat du terrain d’Argenteuil. Le 7 octobre 1961, la Princesse Marie-Christine de Belgique vient, en voisine, poser la première pierre du nouveau Berlaymont, pierre rapportée de Rome par les rhétoriciennes et bénite par le Pape Jean XXIII. Le 14 septembre 1962, les religieuses enseignantes quittent la rue de la Loi pour accueillir leurs élèves le lendemain, pour une rentrée scolaire un peu décalée, dans le nouveau monastère.

Les bâtiments de l’école sont prévus pour accueillir 800 élèves. Le financement du nouveau complexe s’avère problématique. Sous la houlette du futur baron De Strijker, alors directeur à la Banque Nationale et frère jumeau d’une des sœurs, un Comité financier est crée et garanti par une dizaine de parents d’élèves. Cela permet d’obtenir un prêt de 45 Mio de FB remboursable en vingt annuités.

En 1963, les deux branches principales de la Congrégation Notre-Dame, “Union Romaine” et “l’Union de Jupille” fusionnent à leur tour. Un nouvel élan est donné à l’esprit missionnaire et aux études.

L’environnement socio-économique de l’internat et de l’école est en mutation permanente: enseignement rénové, introduction de la mixité, professeurs laïcs prenant le relais des sœurs. La tâche des sœurs devient problématique. La création d’une ASBL, distincte du monastère, s’impose. Celle-ci est créée le 28 juin 1974 avec l’apport de l’internat et de l’école au patrimoine ainsi que tous les droits et devoirs qui s’y rattachent, en ce compris la charge d’emprunt. Le nouveau Pouvoir Organisateur du Centre Scolaire de Berlaymont prend le relais des sœurs. Toujours soucieux de maintenir l’esprit des origines, ils poursuivent l’œuvre d’éducation résolument ouverte aux jeunes. La population scolaire avoisine désormais les 1.500 élèves.

Le 3 novembre 2008, une nouvelle étape s’ouvre à la communauté des quinze religieuses du monastère. Après une présence de 46 ans à Waterloo, elles émigrent vers la maison de repos et de soins “l’Olivier” à Uccle. Un cortège de voitures les prend toutes en charge et oh! surprise, tous les élèves du Lycée et de l’ Ecole primaire sont massés le long du parcours. C’est le vibrant “au revoir” de près de 1500 jeunes qui ont vécu, souvent à leur insu, sous la protection bienfaisante du Monastère. Les directions et les professeurs, eux, ne s’y trompent pas. L’émotion qui se lit sur leur visage exprime bien leur profonde reconnaissance.

Bibliographie

S.J. Léon de Herckenrode – Vie de la Comtesse Marie d’Oyenbrugge dite de Duras

 M. Vanderborght – Bruxelles 1844

Victor Henry – Monastère de Berlaymont sous l’invocation de la Reine de tous les Saints – Souvenirs historiques

M. Closson et Cie. – Bruxelles 1875

Mgr. J. Schyrgens – Berlaymont Le Cloistre de la Reyne de tous les Saincts

Librairie Albert Dewit – Bruxelles 1928.

Mère Marie-Cécile du Christ – Mère Marie de l’Esprit-Saint Prévôte de Berlaymont 1868-1943
Ets. Casterman – Tournai 1947

Banque Nationale de Belgique – Les trois couvents de la Banque Nationale de Belgique. Revue Mensuelle 18e année –  N° 8 août 1962

Soeur Hélène-Marie Naets – Texte du 10 août 2008

Adapté et complété par Charles Gielen – 2010/2012

Wikipedia: Couvent des Dames de Berlaymont. 2012

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