La famille Berlaymont

L’histoire de la famille de Berlaymont est étroitement liée à celle du Hainaut et des Pays-Bas espagnols.

L’analyste Vinchant* cite Isaac de Berlaymont dans la relation qu’il fait de l’assassinat de Thierri d’Avesnes perpétré en l’an 1109 (1110?), en forêt de Mormal. C’est la première trace connue de la famille dont le nom se réfère au village de Berlaimont (France).  A cette époque, Berlaimont se situait encore dans le Comté de Hainaut. Au sud de Bavay et à l’est de la forêt de Mormal.

*François Vinchant, Prêtre de Mons mort en 1635. Son manuscrit  “Annales de la Province et Comté d’Haynau” paraît sous forme abrégée en 1648. Une édition complète paraît en 1848.

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Le neveu et héritier d’Isaac, le célèbre Gilles de Chin, parangon du chevalier médiéval, passe selon la légende pour avoir vaincu en 1133 le dragon qui dévastait la région de Mons.

Au début du XIIIe siècle, les descendants de sa fille unique Mahaut, sont amenés à partager leurs biens entre leurs deux fils. L’aîné Gilles se voit attribuer la terre de Berlaimont tandis que Jean, le cadet, devenait Seigneur de Floyon. La branche cadette n’allait pas tarder à devenir plus grosse que le tronc. En 1545, Gillette de Berlaymont, dernière représentante de la branche aînée, décédait sans hoirs. Ses biens passent alors à son cousin Charles de Berlaymont (1510-1578), Seigneur de Floyon, Général puis Ministre de Charles Quint.

Ce personnage considérable occupa de nombreux postes importants dans l’administration de son pays.
Charles devint conseiller d’Etat de Marguerite de Parme, en charge de l’administration des Finances. Il est aux côtés de la gouverneure générale, le 5 avril 1566, lorsque Henri de Bréderode vient lui présenter le Compromis des nobles demandant la liberté des cultes et la fin des persécutions contre les réformés. On lui attribue ces paroles, mais rien n’est moins sûr: “N’ayez crainte, Madame, ce ne sont que des gueux”!

De son épouse Adrienne de Ligne – Barbençon, il eut onze enfants.

Bien que partagés entre les Etats Généraux et leur fidélité à la Maison d’Espagne, Charles et ses fils amenèrent la famille de Berlaymont à l’apogée de sa puissance….


Florent de Berlaymont
 (1546-1626), sixième fils de Charles, commença sa carrière comme chanoine-tréfoncier, titre indépendant de la prêtrise, de la cathédrale de Liège. Il adopta ensuite définitivement la carrière militaire et politique. Il hérita de tous les titres et honneurs de ses frères aînés, morts sans laisser d’enfants. Nommé Gouverneur de Namur et de l’Artois, puis Gouverneur et Capitaine-général du Pays et Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, il sera doyen des Chevaliers de la Toison d’Or.

Florent épousa en premières noces, Hélène de Melun, puis Marguerite, fille du comte Philippe de Lalaing (baron d’Escornaix, Gouverneur, Capitaine- général et Grand- bailli de Hainaut) et de Marguerite de Ligne.

Lalaing

Ils eurent deux filles, Marie-Marguerite et Isabelle-Claire. La première épousa Louis comte d’Egmont et prince de Gavre, la seconde épousa Philippe-Charles prince d’Aremberg et duc d’Aerschot. Un fils ainé, Philippe-Charles, décéda adolescent à Paris vers 1611.

Marguerite d'Egmont

Marguerite d’Egmont

Avec son soutien, son épouse Marguerite de Lalaing fonda à Bruxelles une congrégation de chanoinesses régulières, selon la règle de Saint-Augustin. Le Monastère de Berlaymont fut inauguré le 18 mai 1625.

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