Pourquoi l’enseignement libre ?

Choisir une école “libre” … pourquoi ?

Chaque école a son histoire, son cadre d’existence et ses principes d’organisation. Si toutes ont les mêmes missions, il existe une liberté d’organisation reconnue à chacune d’elle.

En Belgique, ce droit est garanti par la Constitution.

Nous proposons de vous exposer rapidement le fondement et le principe d’existence des écoles aujourd’hui.

Vous aurez ainsi l’occasion de voir les relations qui en découlent auprès des différents acteurs concernés (direction, enseignants, éducateurs, parents et élèves).

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Un peu d’histoire

La Constitution, depuis le début, a autorisé la liberté de l’enseignement. Différentes formes sont apparues. Historiquement les écoles étaient l’apanage de congrégations, de paroisses ou d’évêché. Avec le temps, la puissance publique a elle aussi organisé son propre système (État – Province – Commune), appelé le réseau officiel (car organisé par une structure étatique).

Etre “libre” a un prix

Des écoles sont donc organisées par l’Etat, la Province ou la Commune et par des ASBL regroupant des sensibilités précises (historiquement les premières). L’État dans un pacte scolaire (1958) a reconnu le droit ouvrant à une subsidiation de ces ASBL au même titre que les écoles publiques (à concurrence toutefois de maximum 75 % du montant dépensé dans celles-ci (la théorie) – dans les faits, cela s’élève en moyenne à 68 % (la pratique). C’est lié à ce mode de financement que les écoles libres recourent à des frais scolaires plus élevés que dans les autres réseaux (1).

Le Centre scolaire est la résultante d’une longue tradition et d’une longue histoire d’enseignement. Il s’est organisé en ASBL depuis très longtemps déjà. Il est en lien avec une tradition portée par les Chanoinesses de Saint Augustin à l’origine de l’établissement. Il est donc une école “libre”.

Quelques précisions …

En 1997, le parlement de la Communauté française approuve un décret qui définit les nouvelles missions des institutions d’enseignement. Celui-ci énonce une série de missions qui sont confiées à toutes les écoles que la Fédération Wallonie-Bruxelles organise ou subventionne.

Quelles sont ces missions (article 6 du décret du 24 juillet 1997) ?

La Communauté française, pour l’enseignement qu’elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l’enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :

  • promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;
  • amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;
  • préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
  • assurer à tous les élèves des chances d’émancipation sociale.

Il existe différentes manières de remplir ces objectifs.

Qu’est-ce à dire comme parents ?

Le lycée a donc comme objectif, à l’instar de toutes les autres écoles libres, de mettre en oeuvre une pédagogie particulière et un encadrement spécifique pour remplir ses missions. Subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles, organisé par un Pouvoir organisateur local, il y a par conséquent une évaluation des moyens mis en oeuvre pour les atteindre. Cette évaluation est établie par un service d’inspection propre au pouvoir subsidiant (pour le niveau des études) et à un Conseil d’administration propre à l’école (pour les moyens mis en oeuvre et les pratiques pédagogiques développées).

Ce qui fait donc la particularité d’une école par rapport à une autre, c’est ce choix de pédagogie particulière et d’encadrement spécifique qui trouve sa source dans le projet d’établissement, le règlement des études, le projet éducatif et le règlement d’ordre intérieur. Là apparaît clairement ce qui fait qu’une école n’est pas une autre.

La majorité des écoles “libres” s’est organisée autour d’une structure commune : le Secrétariat général de l’enseignement catholique – SEGEC.

enseignement-catholique

Vous avez probablement choisi l’école de votre enfant selon vos propres critères, mais plus encore en rapport avec ces différents documents.

L’inscription dans une école établit alors l’engagement des uns et des autres au service des missions définies par ce décret.

Cet acte, qui peut parfois paraître administratif, établit pourtant le partenariat clair et déterminant entre l’école, les parents, l’élève et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Partenaire, avec un centre d’intérêt commun, mais un point de départ différent

Comme école, nous fixons les objectifs à atteindre pour nos élèves, si possible tous. Nous organisons alors notre école pour proposer à un ensemble d’élèves des formations axées sur les missions attendues par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous déterminons les moyens à mettre en oeuvre et les méthodes qui nous semblent efficientes.

La spécificité de notre école, dite libre, c’est l’autonomie importante laissée localement à l’ASBL pour gérer tout cela. Elle délègue ses différentes tâches aux directions qui portent ainsi la charge quotidienne de la gestion de l’établissement. La direction est donc un garant.

Comme parents, vous attendez que votre enfant soit pris en charge dans sa scolarité pour l’amener à la réussite scolaire maximale. Vous attendez de l’école qu’elle vous informe régulièrement des avancées de votre enfant dans le processus d’apprentissage.

Une évidence ?

Tout ce qui précède peut sembler d’une évidence manifeste … quand tout va bien.

L’école qui rend des comptes à la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu’à son propre Pouvoir organisateur, est le pivot entre les attentes d’une société et les projets des parents. L’école est bien un service public ou assimilé ayant des missions d’intérêt général. Elle oeuvre dans une logique collective. Elle n’entre pas dans le champ économique ou commercial visant à traiter ces utilisateurs comme des clients. De même, elle induit de la part des utilisateurs à ne pas considérer cela comme un service privé, mais comme un droit reconnu dans les limites imposées.

C’est d’autant plus clair que l’école est subventionnée par le pouvoir public et non pas directement et principalement par les parents. Tout ce qui entre dans le cadre des missions premières de l’école est subventionné, ce qui ne l’est pas est facturé aux parents selon des règles strictes en la matière et énoncées dès l’inscription, tout cela encadré par un décret à ce sujet.

Quelle place pour les parents concrètement ?

L’une des particularités du Centre scolaire, c’est bien la place accordée aux parents dans de nombreuses instances :

  • le Conseil d’administration;
  • l’Assemblée générale de l’ASBL;
  • le Comité du lycée;
  • le Conseil de participation

4 lieux pour permettre de gérer, d’améliorer ou de proposer ce qui doit l’être pour l’intérêt du plus grand nombre.

Derrière ces principes démocratiques apparaît clairement que ce qui est bon pour tous, touche donc chacun… mais pas forcément l’inverse.

Les crispations entre parents / enseignants ou direction naissent souvent de ce dernier point.

Pour conclure, nous encourageons les parents à trouver la juste place permettant à notre lycée d’évoluer pour le plus grand bien de tous en s’investissant dans l’Association des parents qui mandate ses représentants dans les différents lieux cités précédemment.

En espérant que cet article apprenne, guide et éclaire.

D. Dehon
Directeur des humanités
Février 2013

(1) Le lycée perçoit un montant par élève correspondant à 48 % de celui attribué à un élève qui fréquenterait un athénée tout proche par exemple.